Jeudi 28 novembre 2019

Ce matin, le paysage avait de nouveau complètement changé : à l’opposée du brouillard et de la bruine des deux derniers jours, le ciel était bleu, la lumière étincelante. J’ai eu envie de revoir la mer. Sur le chemin, il y avait par moments de fortes bourrasques qui déséquilibraient mon corps. C’était joyeux. J’avais l’impression d’être redevenue une enfant.

Jamais peut-être depuis mon arrivée les variations de lumière n’avaient été aussi belles, et la mer aussi puissante, sauvage. Je me suis assise sur la plage. J’étais saisie : saisie par le vent, saisie par la beauté. « Ici, on est au bout du bout, au bout de la route », m’avait dit Elise, le premier jour, lorsque nous avions fini par atteindre St Andrews. Assise sur le sable, devant les vagues qui déferlaient, je ressentais cela, au plus profond. Etre au bout de la route, c’est être aussi, intensément, ici.

J’aimerais ne rien oublier de toutes ces nuances de bleu, de gris, de jaune – de toute cette force, cette splendeur.


Thursday, 28th November 2019

This morning, the landscape had once again completely changed: as opposed to the fog and drizzle of the last two days, the sky was blue, the light glistening. I wanted to see the sea again. On the way, there were sudden gusts of wind that unbalanced my body. It was joyful. I felt like I had become a child again.

Perhaps never, since my arrival, have the variations of light been so beautiful, and the sea so powerful, wild. I sat down on the beach. I was overwhelmed: seized by the wind, seized by the beauty. “Here we are, the end of the earth and the end of the road.”, Elise had said to me on that first day, when we had finally reached St Andrews. Sitting on the sand, in front of the crashing waves, I felt it in its most profound sense. To be at the end of a journey, is also to be, intensely, here.

I would want never to forget all these shades of blue, of grey, of yellow – all this force, this splendour.

Translated by Katharine Lovatt