Mercredi 20 novembre 2019

Ici, à St Andrews, je jouis du plus grand luxe qui soit accordé à un écrivain : du temps pour écrire.

Ici, à St Andrews, j’écris un livre sur ma mère.

La beauté du ciel et de la lumière, l’immensité de la mer, la puissance évocatrice des ruines m’aident à écrire mon livre sur ma mère.

La journée, j’écris mon livre, fragment par fragment. Le soir, je lis Ordesa de Manuel Vilas, que j’avais choisi de lire ici, à St Andrews.

Je lis parfois dans le livre de Manuel Vilas des phrases presque identiques à celles que j’ai écrites la journée :

« En toute chose, il y a eu de la beauté. »

« Les choses meurent elles aussi. »

« Parfois, j’ouvrais l’armoire rouge et regardais à l’intérieur. »

Ordesa est le livre que Manuel Vilas a écrit sur son père.

Je ne connais pas Manuel Vilas. Je n’avais rien lu de lui auparavant. Je suis bouleversée par Manuel Vilas, que je comprends de l’intérieur.

 

En toute chose, il y a de la beauté.


Wednesday, 20th November 2019

Here, in St Andrews, I am enjoying the greatest luxury that can be bestowed upon a writer: the time to write.

Here, in St Andrews, I am writing a book about my mother.

The beauty of the sky and light, the immensity of the sea, the evocative power of the ruins, all help me to write my book about my mother.

During the day, I write my book, fragment by fragment. In the evenings, I read Ordesa by Manuel Vilas, the book I designated to read while here in St Andrews.

Sometimes I find phrases in Manuel Vilas’ writing that are almost identical to phrases I wrote that day:

“There is beauty in everything”

“Things die too”

“Sometimes, I would open the red wardrobe and look inside”

Ordesa is the book that Manuel Vilas wrote about his father.

I don’t know Manuel Vilas. I hadn’t read anything by him before. I am shaken up by Manuel Vilas, it touches me to my very core.

There is beauty in everything.

Translated by Katharine Lovatt