Lundi 18 novembre 2019

Les Ecossais et le froid.

C’est toute une histoire.

J’ai remarqué, dès mon premier jour ici à St Andrews, le nombre impressionnant de glaciers dans une aussi petite ville.

J’ai d’abord songé: « Tiens tiens, étrange. Ils servent sans doute autre chose que des glaces à partir d’octobre. »

A Edimbourg, samedi dernier, rebelote : des glaciers tous les deux cents mètres. Mais cette fois, ouvrant bien mes yeux, je constate qu’à toute heure de la journée, même après la tombée de la nuit, alors que les températures chutent : les Ecossais MANGENT DES GLACES ! Ils les dégustent, marchant d’un pas tranquille, ravis !

Premier point.

Deuxième point : depuis mon arrivée ici, j’ai croisé plusieurs fois dans les rues de St Andrews un monsieur assez âgé, très distingué, habillé avec élégance… d’une simple veste en tweed, quel que soit le temps et l’heure de la journée. J’ai songé aux paroles d’une amie écossaise, dont le père vit à St Andrews et dont elle m’avait dit, avant mon départ pour l’Ecosse (sans doute pour me mettre délicatement dans le bain), que chez lui, il n’allumait pas une seule fois le chauffage de toute l’année. Je me suis demandé si c’était lui.

Mais, ce matin, j’ai compris que ce monsieur très distingué n’était pas une exception : j’étais sortie très tôt pour aller acheter du désinfectant à la pharmacie (très intéressant : « la vie matérielle » comme disait Marguerite Duras). Il devait faire un degré tout au plus. Un temps splendide, mais glacé. J’ai croisé tour à tour sur mon chemin deux jeunes femmes, vêtues d’une simple veste en coton, sans écharpe, « la poitrine à l’air » comme aurait dit ma mère, c’est-à-dire : le cou dénudé.

J’avais moi-même cinq ou six épaisseurs, sans parler bien évidemment de mon bonnet en laine enfoncé jusqu’aux oreilles, de mes moufles en peau de mouton et de mon immense écharpe rose.

Il est passionnant de voyager.


Monday 18th November 2019

The Scots and the cold.

It’s a long story.

From my very first day here in St Andrews, I noticed the impressive number of ice cream shops for what is such a small town.

At first I thought: ‘Hmmm, that’s weird. No doubt they sell something other than ice cream from October onwards”.

In Edinburgh last Saturday, same story: ice cream shops every two hundred yards. But this time, observing closely, I realised that that at any time of day, even after dark, when the temperature is plummeting, the Scots EAT ICE CREAM! They eat them with pleasure, strolling along, absolutely delighted !

Point number one.

Point number two. Since arriving here I have on several occasions passed a man in the streets of St Andrews, quite elderly, very distinguished looking, elegantly dressed… in just a tweed jacket, regardless of the weather or the time of day. I thought about the words of a Scottish friend whose father lives in St Andrews and who, she told me before I left for Scotland (no doubt as a subtle way of putting me in the picture), never once, at any time of the year, puts on the central heating. I wondered if that was him.

But then, this morning, I realised that the very distinguished gentleman was not an exception: I had gone out very early to buy some disinfectant at the chemist’s (‘practicalities’, fascinating, as Marguerite Duras used to say). It can’t have been more than one degree. Glorious weather, but freezing. I passed first one, then another young woman, dressed in just cotton jackets, no scarves, ‘chest exposed’ as my mother would have said, in other words, with bare necks.

I myself was wearing five or six layers, not to mention, of course, my woolly hat pulled down over my ears, my sheepskin earmuffs and my huge pink scarf.

Travelling is a wondrous thing.

Translated by Margaret-Anne Hutton