Vendredi 15 novembre 2019

Si je mets de côté la conversation téléphonique que je viens d’avoir avec ma fille, je crois bien que je n’ai guère prononcé plus de dix mots aujourd’hui.

J’ai écrit dès le début de la matinée.

Avec une joie infinie.

Puis je suis sortie pour aller voir la mer. Il bruinait un peu. A peine. C’était très doux. La lumière incroyablement changeante. Vive.

Je suis rentrée, vibrante.

Je me suis fait à manger en écoutant du Debussy à la radio.

Puis j’ai à nouveau écrit.

Et ainsi la journée a passé, dans un temps distendu, très vaste.

 

Ce matin, alors que je levais les yeux de mon ordinateur pour admirer la mer au loin et entendre le fracas des vagues, je me suis sentie soudain submergée par une émotion très forte. J’étais, alors, pleinement dans l’instant, au plus près de moi, au plus près du monde. Et j’ai pensé qu’une des raisons pour lesquelles je me sens si heureuse lorsque j’écris, c’est le silence.


Friday 15th November 2019

Aside from the phone call I have just had with my daughter, I believe I’ve uttered no more than ten words today.

I started writing at the crack of dawn.

With immeasurable joy.

I went outside to look at the sea. It was drizzling a little. Barely. Ever so lightly. The light was incredibly changeable. Alive.

I returned home, energised.

I prepared some food, listening to Debussy on the radio.

Then I started writing once again.

And that is how the day passed, time expanding, vast.

This morning, as I lifted my gaze from my computer to admire the sea in the distance, to listen to the crashing waves, I felt suddenly submerged by a strong emotion. I was so entirely in the moment, at one with myself, at one with the world. I was thinking that one of the reasons I feel so happy when I write, is silence.

Translated by Katharine Lovatt